Il arpente les rayons du supermarché avec son caddie. Il est en retraite depuis plusieurs années mais il est toujours vêtu de son costume bleu marine, sa chemise blanche et de sa cravate bleue. Les hôtesses de caisse le connaissent bien, il vient tous les jours et a ses petites habitudes. Il repère les femmes seules et inspecte minutieusement leurs achats. Il est capable au vu du caddie de dire combien de personnes vivent dans un foyer. Il ne cherche même pas à les aborder, le simple plaisir de voir tant de femmes lui plait tout simplement. Il aime l’ambiance des supermarchés : il est habitué aux gens polis, aux râleurs, aux pressés et aux gens qui prennent leur temps, tout comme lui. Il aime plaisanter avec ses deux hôtesses de caisse préférées, il n’en change jamais. Quand ces deux femmes ne sont pas là, il demande poliment à leurs collègues le moment où elles reprennent le travail, et il patiente dans les rayons tranquillement jusqu’à leur arrivée. Il a toujours un mot gentil pour elles, elles l’apprécient aussi. Ca leur change des gens impolis, nettement plus fréquents depuis quelques années. Il leur dit que le jour où elles ne le verront plus au supermarché, il lui sera arrivé quelque chose mais « je ne sais pas quand » plaisante-t-il.
Un jour, on ne l’a plus vu dans « son » supermarché, ses hôtesses de caisse favorites s’en sont rendues compte très vite. Elles ne savent comment prendre de ses nouvelles mais une chose est sûre, c’est qu’elles continuent de parler de lui et croient parfois l’apercevoir, mais sans succès. Il faisait partie de leurs vies depuis toutes ces années, sans en faire partie intégrante. C’est un sentiment étrange que de s’habituer à côtoyer une personne que l’on croit connaître sans vraiment l’avoir découverte.
En tous les cas, elles sont heureuses de le faire vivre encore aujourd'hui par leurs tendres pensées.
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vendredi 6 novembre 2009
vendredi 11 septembre 2009
Souvenirs...
Assise dans le fauteuil, une femme discute avec sa tante. Elle n’a pu s’empêcher d’avoir un pincement au cœur lorsqu’elle est entrée dans le nouveau salon. Sa tante a réaménagé la pièce depuis peu : un canapé, un fauteuil, une table basse et une télévision. Avant, c’était la chambre de ses grands-parents. Elle se souvient du jour où sa grand-mère est décédée. Elle était au lycée. A l’heure du déjeuner, elle a vu sa mère et sa tante venir à elle, elle a compris de suite. Sa grand-mère n’avait plus la force de vivre ces derniers temps, elle s’est alors laissée à la mort. Elle est montée dans l’appartement et pour la première fois, elle a vu son grand-père pleurer. Ils ont vécu tant d’années ensemble, comment va-t-il survivre à son amour de toujours ? Toute la famille a pleuré cette femme tant aimée mais la jeune fille de l’époque n’a pas eu la force d’aller la voir sur son lit de mort dans cette pièce où elle est assise maintenant. Son grand-père n’arrivant pas à quitter son épouse a dormi avec elle durant deux nuits, dans leur lit, à ses côtés. La séparation a évidemment été brutale, lorsque le corps a été repris par des inconnus, tout cela s’est passé dans cette pièce. Ensuite, son grand-père a continué de vivre, en pleurant beaucoup. La jeune fille s’occupait de lui le midi quand elle allait à l'école, elle préparait le repas, mangeait et parlait avec lui, tout en respectant ses moments de détresse. C’était dur parfois bien sûr mais elle voulait lui donner le goût de vivre. Quelques années plus tard, c’est lui qui s’en est allé. Sa tante l’a trouvé un matin, allongé dans son lit, endormi pour toujours. C’est dans cette pièce que cela s’est passé. Cette fois-ci, la femme a eu la force d’aller le voir et l’embrasser, elle l’a pleuré mais différemment car elle savait qu’il allait retrouver son épouse qu’il aimait tant.
La vie continue, la chambre de ses grands-parents n’est plus la même puisque c’est un salon maintenant mais assise là, elle ne peut s’empêcher de penser à tout cet amour qu’ils lui ont donné et à tout ce bonheur partagé. Leur présence est bien là dans cette pièce et ce, pour toujours, peu importe les meubles, tout cela n'a aucune importance.
La vie continue, la chambre de ses grands-parents n’est plus la même puisque c’est un salon maintenant mais assise là, elle ne peut s’empêcher de penser à tout cet amour qu’ils lui ont donné et à tout ce bonheur partagé. Leur présence est bien là dans cette pièce et ce, pour toujours, peu importe les meubles, tout cela n'a aucune importance.
lundi 31 août 2009
Giuseppe et Maria - Cali
http://www.youtube.com/watch?v=yvPzYnikz6o
À chaque instant
Ils pourraient arriver
Ils pourraient nous surprendre
Enlacés comme ça
Ton visage a changé
Pendant la nuit mon ange
C'est cette putain de guerre
Qui t'a donné trente ans
Relève-toi
Ne pleure plus
Il faut fuir maintenant
C'est cette putain de guerre
Qui t'a donné trente ans
Ne pleure plus
Prends les gosses sous le bras
Et vas-t'en
Laisse les photos
Sur la cheminée
Qu'ils voient le bonheur qu'ils déchirent
Rejoins vite le troupeau
Des veuves qui grimpent la colline
Du village martyr
Et vos hommes tiendront
Ils tiendront jusqu'au bout
Plutôt mourir debout
Que vivre à genoux
Oui, j'ai envie de toi
Comme c'est étrange d'imaginer
C'est peut-être la dernière fois...
Oui, je veux te suivre
Tout là-haut encore
Une dernière fois
Mon amour je garderai
Cette nuit
Dans le ventre
Et tes seins sous ta chemise
Qui dessinaient
Ta respiration
Et mes mains sur ta peau
Qui n'étaient plus les mains
Fatiguées d'un maçon
Tu sais mon ange
Je garderai ces moments
Dans le coeur
Quand tu hurlais
Pour rien, au bonheur
Et les enfants riaient
Et le jardin en friche
Il riait lui aussi
Mon Dieu, tu étais belle
Et j'entendrai vos voix
Pendant le dernier souffle
Je garderai tout ça
La mort ne fait plus peur
Comme j'ai de la chance
De partir amoureux de toi
Ils me fusilleront
Peut-être derrière la maison
De chacun des plaies
Coulera notre amour
Ils me fusilleront
Derrière la maison
Et c'est à cet endroit
Que Giuseppe et Maria
S'aimeront pour toujours
Si tu entends hurler au loin
Surtout ne te retourne pas
C'est le cri de l'espoir
Qui monte, qui monte
Qui montera là-bas
Etreins fort les enfants
Et dis-leur que leur père
Est parti amoureux
Et que tu seras forte
Et que tu seras belle
Que tu les aimeras pour deux
Et que tu seras forte
Et que tu seras belle
Que tu les aimeras pour deux
À chaque instant
Ils pourraient arriver
Ils pourraient nous surprendre
Enlacés comme ça
Ton visage a changé
Pendant la nuit mon ange
C'est cette putain de guerre
Qui t'a donné trente ans
Relève-toi
Ne pleure plus
Il faut fuir maintenant
C'est cette putain de guerre
Qui t'a donné trente ans
Ne pleure plus
Prends les gosses sous le bras
Et vas-t'en
Laisse les photos
Sur la cheminée
Qu'ils voient le bonheur qu'ils déchirent
Rejoins vite le troupeau
Des veuves qui grimpent la colline
Du village martyr
Et vos hommes tiendront
Ils tiendront jusqu'au bout
Plutôt mourir debout
Que vivre à genoux
Oui, j'ai envie de toi
Comme c'est étrange d'imaginer
C'est peut-être la dernière fois...
Oui, je veux te suivre
Tout là-haut encore
Une dernière fois
Mon amour je garderai
Cette nuit
Dans le ventre
Et tes seins sous ta chemise
Qui dessinaient
Ta respiration
Et mes mains sur ta peau
Qui n'étaient plus les mains
Fatiguées d'un maçon
Tu sais mon ange
Je garderai ces moments
Dans le coeur
Quand tu hurlais
Pour rien, au bonheur
Et les enfants riaient
Et le jardin en friche
Il riait lui aussi
Mon Dieu, tu étais belle
Et j'entendrai vos voix
Pendant le dernier souffle
Je garderai tout ça
La mort ne fait plus peur
Comme j'ai de la chance
De partir amoureux de toi
Ils me fusilleront
Peut-être derrière la maison
De chacun des plaies
Coulera notre amour
Ils me fusilleront
Derrière la maison
Et c'est à cet endroit
Que Giuseppe et Maria
S'aimeront pour toujours
Si tu entends hurler au loin
Surtout ne te retourne pas
C'est le cri de l'espoir
Qui monte, qui monte
Qui montera là-bas
Etreins fort les enfants
Et dis-leur que leur père
Est parti amoureux
Et que tu seras forte
Et que tu seras belle
Que tu les aimeras pour deux
Et que tu seras forte
Et que tu seras belle
Que tu les aimeras pour deux
lundi 17 août 2009
En attendant...
Assise sur son fauteuil, elle regarde par la fenêtre. Elle est souvent là depuis que son mari l'a quitté en automne dernier. 75 ans, cheveux blancs en chignon, elle chausse ses lunettes, elle ne voit plus très bien. Elle pense aux moments de joie avec son époux mais ça ne suffit pas à accélérer le temps. Elle voudrait le rejoindre et continuer sa vie dans l'au-delà avec lui. Elle voit ses amies mais ce n'est plus pareil sans lui. La vie est sans couleurs, triste. Elle prépare ses repas sans joie, elle ne peut plus les partager alors elle pleure souvent le soir d'ailleurs. L'autre jour, elle a reçu une lettre d'un vieil ami, il souhaite la revoir. Lui aussi a perdu son épouse et n'a plus goût à rien. Alors pourquoi pas... se dit-elle.
Il est venu un dimanche pour déjeuner avec elle. Elle a mis une jolie robe et préparé le repas. Ils ne se sont pas vus depuis dix ans, déjà. Il est arrivé avec un joli bouquet de tulipes et ont pleuré ensemble. Depuis, ils se revoient régulièrement : ils jouent aux cartes, se promènent et la vie semble un peu meilleure. Ils se comprennent, ils sont passés par les mêmes joies et les mêmes tristesses. Alors un jour, elle lui demande : "Pourquoi ne viendrais-tu pas t'installer chez moi dans la petite chambre du fond ?". Il accepte d'emblée. Ils savent que maintenant, ils ne seront plus seuls à attendre de rejoindre leurs moitiés...
Il est venu un dimanche pour déjeuner avec elle. Elle a mis une jolie robe et préparé le repas. Ils ne se sont pas vus depuis dix ans, déjà. Il est arrivé avec un joli bouquet de tulipes et ont pleuré ensemble. Depuis, ils se revoient régulièrement : ils jouent aux cartes, se promènent et la vie semble un peu meilleure. Ils se comprennent, ils sont passés par les mêmes joies et les mêmes tristesses. Alors un jour, elle lui demande : "Pourquoi ne viendrais-tu pas t'installer chez moi dans la petite chambre du fond ?". Il accepte d'emblée. Ils savent que maintenant, ils ne seront plus seuls à attendre de rejoindre leurs moitiés...
vendredi 7 août 2009
Mauvaise nouvelle
Une fatigue accumulée ces derniers temps, des maux de tête, des maux de ventre... une visite chez le médecin a suffi à enclencher une série d'examens. Il s'est retrouvé à l'hôpital : oscultations en tous genres, prises de sang, scanner, IRM... "la totale". Il pensait au déficit de la sécurité sociale en se disant que tout cela ne servirait à rien. Quand le médecin lui a annoncé qu'il ne lui restait que quelques jours à vivre, il ne fut pas étonné. Il le savait... Ces choses là, on les ressent au fond de son être, le tout étant de l'accepter. Il est rentré chez lui, a pris sa bien-aimée dans ses bras en lui annonçant tout simplement qu'il allait bientôt la quitter. Elle l'a regardé intensément et lui a caressé la joue de sa main. Elle le revoit quand elle l'a connu à 20 ans, sous cette pluie battante... 52 années ont passé depuis ce premier jour et son amour pour lui n'a fait que grandir. Comment vivre sans lui ? se demande-t-elle.
Ils échangent un doux baiser. Il la serre un peu plus fort dans ses bras.
"Que souhaites-tu mon amour que je fasse pour toi ?" lui murmure-t-elle.
"Rien, je veux être avec toi tout simplement jusqu'à la fin... rien d'autre".
Ils échangent un doux baiser. Il la serre un peu plus fort dans ses bras.
"Que souhaites-tu mon amour que je fasse pour toi ?" lui murmure-t-elle.
"Rien, je veux être avec toi tout simplement jusqu'à la fin... rien d'autre".
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