"Suspendue à un fil dans le vide"... voilà l'image qu'elle a d'elle-même à ce moment précis où elle a raccroché avec "son ex". Oui, c'est "un ex" maintenant, c'est lui qui le lui a signifié. "Suspendue au néant" peu de jours auparavant où elle a pété les plombs à son travail... trop de pression, trop de choses négatives à gérer avec "son ex maintenant", ses filles adolescentes aujourd'hui... Elle ne supportait pas de le voir s'éloigner d'elle... Une remarque de trop via son patron et c'est parti "si c'est comme ça, je m'en vais". Elle a claqué la porte, sans se retourner. Elle ne s'est même pas sentie soulagée de l'avoir fait mais elle n'a pas eu le choix selon elle.
Elle est là maintenant chez elle, seule, ses filles au collège, les placards vides des effets de "son ex", sans revenus... Elle va exploser... Ses tempes tambourinent, elle sent cette tension au niveau des cervicales, son estomac noué... Elle se met à crier, elle ne reconnait même pas sa voix, la fureur qui sort d'elle l'insupporte... Elle est là par terre, en position foetale, elle hurle tel un animal apeuré... Des cris de désespoir, de tant de souffrances supportées pour rien... Elle entend des voix à sa porte, la sonnette... Elle est incapable de bouger, elle continue de crier sa fureur... Elle aperçoit ses anti-dépresseurs sur le coin de la table... Elle ne voit plus rien mis à part ce tube de cachets, elle le fixe... La sonnette se fait plus insistante... "Foutez-moi la paix" hurle-t-elle... Elle veut dormir, tellement elle se sent impuissante, inutile, inexistante... Elle esquisse un pas, lève le bras pour attraper ce foutu tube... Aucun son ne sort de sa bouche à cet instant... Elle avale ses médicaments pour se sentir mieux, pense-t-elle... Une sensation de chaleur l'envahit, elle sent son corps se détendre petit à petit et s'enivre de cette douceur, de ce sentiment de sécurité...
Tout s'est enchainé à son réveil forcé, elle souffre de douleurs à l'estomac, à l'oesophage, à la gorge... Que s'est-il passé ? Un lit inconnu, une pièce inconnue... Plus tard, elle dira que sa vie n'était alors "suspendue qu'à un fil", elle n'était concentrée que sur sa douleur. Depuis, elle a repris sa vie en main : ses filles, un nouveau travail... La limite est parfois si mince...
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samedi 24 avril 2010
samedi 20 mars 2010
"Le placard"
Elle est entrée dans ce lieu, un lieu inhabituel pour elle. Première mesure d'une bâtisse ancienne, maison ouverte à une exposition de talents... Elle est frappée d'emblée par cette pièce qu'elle pourrait assimiler à un "placard". L'espace est restreint mais l'émotion la prend à la gorge d'emblée. Une chaise sur la gauche entourée d'enveloppes à même le sol dans un désordre bien établi... la solitude, voilà ce qu'elle ressent. Le siège est face à des cartes postales, lien social sans doute avec le monde extérieur. Une peluche sur le sol, esseulée elle aussi parmi ces objets, objet de l'enfance livré à cette solitude, à ces responsabilités d'adulte parfois dures à assumer... L'Homme face à lui-même, à ses propres représentations, à ses propres pensées... Lieu de tergiversations, lieu empli de souffrances... Entre rouge et blanc, entre "folie" et "volonté d'en sortir"... La porte est ouverte, mais l'Homme se sent bien dans ce lieu, son lieu à lui où il vient s'y réfugier quand le monde autour est trop agressif...
vendredi 5 mars 2010
Cobra
Il arrive à son rendez-vous: grand gabarit, brun, cheveux courts, pantalon treillis, bérêt vert, veste de trapper, lunettes d'aviateur teinté. Il est imposant. C'est une personnalité à lui tout seul. Grande gueule, franc parlé, imitations diverses telles que Jackot, humour doté de "violence"... on ne peut pas passer à côté de lui sans le remarquer. Il s'exprime clairement, sans détours. Il est chauffeur routier. Il a de l'expérience dans ce métier, faut pas lui en raconter... Il a perdu son job comme beaucoup de ses collègues mais lui, on le remarque. Il pense à une autre carrière "Agent de sécurité". Il a le profil, le gabarit mais ses pensées délivrées en "live" peuvent heurter la sensibilité. Il a un diplôme d'ingénieur mais a bifurqué à un moment donné. "Ras-le-bol des connards en costard-cravate", il cherche la vraie vie, la dure vie où il faut courir après le fric pour subvenir à ses besoins mensuels. Peu importe, dans son camion, il est heureux, il accomplit son rêve d'enfant. Il aimerait conduire ces machines américaines rouge flamboyante mais il est en France et est confronté à la réalité du marché. Il n'y a pas de place pour des gens entiers où tout est dit à "sa" convenance. Il se livre doucement, son apparence n'est qu'une défense... Comme tout le monde, il joue un jeu... Le jeu d'une vie brisée au moment où il a perdu sa femme... Veuf si jeune mais avec un fils à élever. Il a la motivation mais pas pour tout, il sait ce qu'il lui faut... "Le luxe" d'avoir connu la détresse pour savoir comment avancer dans la vie... Comment s'insérer avec tant de "croyances" non propres au commun des mortels ?
samedi 30 janvier 2010
Les lectures de Mélia
Mélia commence à parler d'elle... c'est inquiétant.
Petite, Mélia ne dessinait que des bonhommes. Vous savez la fameuse époque à 3 ans environ où vous découvrez que vous êtes capables de dessiner un semblant d'être humain. Quand Mélia regarde ses dessins de l'école maternelle, elle ne voit que des bonhommes. Les maisons viennent bien sûr par la suite mais toujours avec une femme ou un homme et des fleurs... Si Mélia fait de la psycho de comptoir, elle se dit qu'elle a toujours été intéressée par l'Etre Humain. Tout naturellement, elle a suivi ce parcours, étudier la personne dans sa globalité et dans ses périodes les plus difficiles. Alors Mélia a choisi ses lectures en fonction de cet intérêt grandissant. Les auteurs ne sont pas connus, elle s'en fout. Elle est allée cet après-midi dans une librairie et elle s'est dirigée directement vers les récits de vie, comme toujours d'ailleurs. Mélia ne regarde pas les auteurs, elle choisit les histoires et elle n'est jamais déçue de ses choix. Certains diront que Mélia a des lectures glauques, peut-être mais elle assume. Ce n'est pas de la curiosité malsaine, c'est juste un intérêt pour les personnes. Alors Mélia va se plonger de nouveau dans les problèmes de drogue, et découvrir la maltraitance conjugale... Des soirées sombres ? Non, juste le temps de laisser à ceux ou celles qui ont à raconter, la toucher. Ces écrits sont là pour écouter la parole des êtres humains et permettre de les dépasser un peu... Merci à tous ces auteurs aussi anonymes qu'ils soient parfois, ils ne le sont pas pour Mélia...
Petite, Mélia ne dessinait que des bonhommes. Vous savez la fameuse époque à 3 ans environ où vous découvrez que vous êtes capables de dessiner un semblant d'être humain. Quand Mélia regarde ses dessins de l'école maternelle, elle ne voit que des bonhommes. Les maisons viennent bien sûr par la suite mais toujours avec une femme ou un homme et des fleurs... Si Mélia fait de la psycho de comptoir, elle se dit qu'elle a toujours été intéressée par l'Etre Humain. Tout naturellement, elle a suivi ce parcours, étudier la personne dans sa globalité et dans ses périodes les plus difficiles. Alors Mélia a choisi ses lectures en fonction de cet intérêt grandissant. Les auteurs ne sont pas connus, elle s'en fout. Elle est allée cet après-midi dans une librairie et elle s'est dirigée directement vers les récits de vie, comme toujours d'ailleurs. Mélia ne regarde pas les auteurs, elle choisit les histoires et elle n'est jamais déçue de ses choix. Certains diront que Mélia a des lectures glauques, peut-être mais elle assume. Ce n'est pas de la curiosité malsaine, c'est juste un intérêt pour les personnes. Alors Mélia va se plonger de nouveau dans les problèmes de drogue, et découvrir la maltraitance conjugale... Des soirées sombres ? Non, juste le temps de laisser à ceux ou celles qui ont à raconter, la toucher. Ces écrits sont là pour écouter la parole des êtres humains et permettre de les dépasser un peu... Merci à tous ces auteurs aussi anonymes qu'ils soient parfois, ils ne le sont pas pour Mélia...
lundi 25 janvier 2010
Liberté
Jolie brunette aux yeux noisettes, cheveux longs, sourire ravageur, elle entrouve la porte doucement et... "J'ai eu mon permis de conduire !!!!" Elle jubile, saute sur place, ses yeux pétillent ! "Bravo ! enfin !!!" lui disent ses deux amies. "Je l'ai eu, oui, au bout de trois fois !"
Cette jolie jeune fille de 25 ans a déjà bien bourlingué. Elle a quitté le lycée en première en annonçant à sa mère "Je me prends une année sabbatique. Je pars à Londres". Elle n'a jamais aimé les études, les professeurs la trouvaient turbulente. Jamais impolie, mais elle ne peut s'empêcher de parler, parler, parler. Ce dont elle rêve, c'est de l'action ! Les études, ça l'embête. Elle se plaçait toujours au fond près de la fenêtre et échaffaudait multiples plans. "Le bac, c'est pour les autres" se dit-elle, alors n'ayant pas froid aux yeux, elle a débarqué seule à Londres. Elle a un très bon contact et n'a eu aucun mal à se faire des amis. Elle a décroché un job de serveuse rapidement, puis un deuxième... Elle saisit les opportunités en faisant confiance facilement au premier venu mais la chance l'accompagne toujours. Un jour, elle a décidé de revenir en France alors elle est rentrée tout simplement mais n'a jamais repris les études pour passer son bac. Elle enchaîne les jobs, elle se débrouille toujours. Elle s'intéresse à la photo. Tout naturellement, elle a cherché une formation dans ce domaine. Elle espère percer dans ce milieu. Elle ne sait comment faire mais elle continue à prendre plusieurs contacts tranquillement.
"Les filles, j'ai une autre nouvelle ! Je pars à Paris !", "Quoi ?", "J'attendais d'avoir mon permis de conduire, un ancien ami vient de lâcher son job d'ingénieur et se lancer dans la musique. Il a proposé de m'héberger et de me donner ses contacts pour que je puisse faire des reportages-photos alors je pars dans une semaine !"
Rien n'est sûr à priori, mais quand on a la jeunesse, le dynamisme, les yeux pétillants, on peut tout se permettre alors elle est heureuse, elle repart à l'aventure, enfin !!!! Souhaitons lui "Bonne chance !"
Cette jolie jeune fille de 25 ans a déjà bien bourlingué. Elle a quitté le lycée en première en annonçant à sa mère "Je me prends une année sabbatique. Je pars à Londres". Elle n'a jamais aimé les études, les professeurs la trouvaient turbulente. Jamais impolie, mais elle ne peut s'empêcher de parler, parler, parler. Ce dont elle rêve, c'est de l'action ! Les études, ça l'embête. Elle se plaçait toujours au fond près de la fenêtre et échaffaudait multiples plans. "Le bac, c'est pour les autres" se dit-elle, alors n'ayant pas froid aux yeux, elle a débarqué seule à Londres. Elle a un très bon contact et n'a eu aucun mal à se faire des amis. Elle a décroché un job de serveuse rapidement, puis un deuxième... Elle saisit les opportunités en faisant confiance facilement au premier venu mais la chance l'accompagne toujours. Un jour, elle a décidé de revenir en France alors elle est rentrée tout simplement mais n'a jamais repris les études pour passer son bac. Elle enchaîne les jobs, elle se débrouille toujours. Elle s'intéresse à la photo. Tout naturellement, elle a cherché une formation dans ce domaine. Elle espère percer dans ce milieu. Elle ne sait comment faire mais elle continue à prendre plusieurs contacts tranquillement.
"Les filles, j'ai une autre nouvelle ! Je pars à Paris !", "Quoi ?", "J'attendais d'avoir mon permis de conduire, un ancien ami vient de lâcher son job d'ingénieur et se lancer dans la musique. Il a proposé de m'héberger et de me donner ses contacts pour que je puisse faire des reportages-photos alors je pars dans une semaine !"
Rien n'est sûr à priori, mais quand on a la jeunesse, le dynamisme, les yeux pétillants, on peut tout se permettre alors elle est heureuse, elle repart à l'aventure, enfin !!!! Souhaitons lui "Bonne chance !"
vendredi 22 janvier 2010
Le début de la fin ?
Mélia perd la notion du temps. Plusieurs oublis dans la semaine, planning inversé, plusieurs rdv en même temps... Inquiétant... Le blog de Mélia suit la même déperdition au vu du peu de messages postés ces derniers temps. Comment ? Nous sommes en 2010 ? Fin janvier ? C'est une blague ? Non, les enfants de Mélia grandissent chaque jour et par moments, elle se réveille en se disant que ce n'est pas possible que le temps passe si vite. Elle inspecte son visage, regarde des petites ridules qui viennent petit à petit... Quoi, déjà ? Ceci dit, Mélia met ça sur le compte de ses éclats de rire et de ses blagues foireuses. Des cheveux blancs ? pppfff un peu trop abusé de blondeur, ça a du virer !!!
Moralité : Mélia va organiser un petit we sympa !
Moralité : Mélia va organiser un petit we sympa !
samedi 9 janvier 2010
Achats gagnants ?
Agglutinées telles des mouches à mierda devant les vitrines à l'heure de l'ouverture, les fashionatas sont dans les starting-block pour dénicher la bonne affaire ! La vraie bonne affaire ! Le coup d'envoi des soldes est donné. Allez-y mesdames, dégainez vos cartes bleues et relancez l'économie française.
Parées de leurs manteaux, gants, écharpes, talons plats et vêtements faciles à enlever et à remettre accessoirement, elles trépignent d'impatience. Les méthodiques ont déjà repéré quelques jours auparavant ce dont elles ont envie, besoin ? on ne sait pas, c'est tout de même le principe des soldes. Les vraies adeptes notent directement sur leurs portables dernier cri le prix des fringues et autres pour que le jour J, elles aient vraiment le sentiment de ne pas se faire avoir ! "Non madame, ce n'était pas le prix affiché hier midi !" "ahahah, elles ne m'auront pas !". D'autres se pointent le jour J sans vraiment savoir ce qu'elles vont acheter mais la nécessité de dépenser de l'argent est VITALE alors peu importe. Autres modeuses moins accros certes, mais présentes également : elles arrivent tranquillement et advienne que pourra "Si je trouve quelque chose, j'achète sinon tant pis...! No stress..."
Peu importe, car entre fashionatas, on se comprend ! A la question "Qu'as-tu acheté en soldes ?" On saura quoi répondre ! Mélia, aussi, saura quoi dire : "J'ai trouvé une super paire de bottes qui n'attendait que moi dans le magasin identifié accessible le jour des soldes !!!" Je vais pouvoir crâner moi aussi, na et c'est pas fini...
PS : toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
Parées de leurs manteaux, gants, écharpes, talons plats et vêtements faciles à enlever et à remettre accessoirement, elles trépignent d'impatience. Les méthodiques ont déjà repéré quelques jours auparavant ce dont elles ont envie, besoin ? on ne sait pas, c'est tout de même le principe des soldes. Les vraies adeptes notent directement sur leurs portables dernier cri le prix des fringues et autres pour que le jour J, elles aient vraiment le sentiment de ne pas se faire avoir ! "Non madame, ce n'était pas le prix affiché hier midi !" "ahahah, elles ne m'auront pas !". D'autres se pointent le jour J sans vraiment savoir ce qu'elles vont acheter mais la nécessité de dépenser de l'argent est VITALE alors peu importe. Autres modeuses moins accros certes, mais présentes également : elles arrivent tranquillement et advienne que pourra "Si je trouve quelque chose, j'achète sinon tant pis...! No stress..."
Peu importe, car entre fashionatas, on se comprend ! A la question "Qu'as-tu acheté en soldes ?" On saura quoi répondre ! Mélia, aussi, saura quoi dire : "J'ai trouvé une super paire de bottes qui n'attendait que moi dans le magasin identifié accessible le jour des soldes !!!" Je vais pouvoir crâner moi aussi, na et c'est pas fini...
PS : toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
samedi 26 décembre 2009
Noël
Noël,
les sapins parés de guirlandes éclatantes, les lumières scintillantes, de la joie dans les yeux des enfants, des parents, des grands-parents émus aux larmes… Des mets préparés en famille, des bulles, du vin sorti du fin fond de la cave qui attendait simplement d’être dégusté en cette joyeuse période… Un Père Noël tant attendu distribuant des cadeaux en parvenant toujours à se cacher à la vue des plus petits… Des cris de joie, de l’excitation au moment du déballage de ces précieux paquets…
Elle se souvient de ces moments où elle faisait encore partie de la fête, de tous ces préparatifs et de sa joie à recevoir toute sa famille autour d’une jolie table dressée. Chignon bien serré, robe achetée sur le marché quelques jours auparavant, le regard attendri de son époux qui la redécouvrait à chaque Noël. Elle sourit doucement, ses yeux emplis de larme… de joie, de solitude… Elle ne sait dire. Il est 21h, elle n’est pas vêtue de sa jolie robe parme qui avait fait tant sensation… il y a dix ans déjà… Aujourd’hui, elle est couchée dans son lit médicalisé, une chemise de nuit de tous les jours… rien d’extraordinaire. Elle regarde la télé… L’infirmière va passer pour lui donner ses médicaments pour mieux dormir, comme tous les soirs… Les joyeux réveillons de Noël, c’est fini pour elle…
Perdue dans ses pensées, elle n’a pas entendu l’infirmière venir.
« Bonsoir Louise, je viens vous apporter vos médicaments. Je voulais vous souhaiter un Joyeux Noël en avance, je ne travaille pas demain. Vos enfants ont téléphoné, ils viendront vous voir demain dans l’après-midi. »
Elle ne peut lui répondre car elle n’a plus l’usage de la parole depuis son accident vasculaire cérébral il y a neuf ans mais elle lui sourit.
« Dormez bien Louise. A bientôt. »
Louise, 85 ans, s’est assoupie rapidement avec des images de fête plein la tête… Elle a pensé à ses enfants et petits enfants qui commençaient sûrement à dîner...
les sapins parés de guirlandes éclatantes, les lumières scintillantes, de la joie dans les yeux des enfants, des parents, des grands-parents émus aux larmes… Des mets préparés en famille, des bulles, du vin sorti du fin fond de la cave qui attendait simplement d’être dégusté en cette joyeuse période… Un Père Noël tant attendu distribuant des cadeaux en parvenant toujours à se cacher à la vue des plus petits… Des cris de joie, de l’excitation au moment du déballage de ces précieux paquets…
Elle se souvient de ces moments où elle faisait encore partie de la fête, de tous ces préparatifs et de sa joie à recevoir toute sa famille autour d’une jolie table dressée. Chignon bien serré, robe achetée sur le marché quelques jours auparavant, le regard attendri de son époux qui la redécouvrait à chaque Noël. Elle sourit doucement, ses yeux emplis de larme… de joie, de solitude… Elle ne sait dire. Il est 21h, elle n’est pas vêtue de sa jolie robe parme qui avait fait tant sensation… il y a dix ans déjà… Aujourd’hui, elle est couchée dans son lit médicalisé, une chemise de nuit de tous les jours… rien d’extraordinaire. Elle regarde la télé… L’infirmière va passer pour lui donner ses médicaments pour mieux dormir, comme tous les soirs… Les joyeux réveillons de Noël, c’est fini pour elle…
Perdue dans ses pensées, elle n’a pas entendu l’infirmière venir.
« Bonsoir Louise, je viens vous apporter vos médicaments. Je voulais vous souhaiter un Joyeux Noël en avance, je ne travaille pas demain. Vos enfants ont téléphoné, ils viendront vous voir demain dans l’après-midi. »
Elle ne peut lui répondre car elle n’a plus l’usage de la parole depuis son accident vasculaire cérébral il y a neuf ans mais elle lui sourit.
« Dormez bien Louise. A bientôt. »
Louise, 85 ans, s’est assoupie rapidement avec des images de fête plein la tête… Elle a pensé à ses enfants et petits enfants qui commençaient sûrement à dîner...
dimanche 13 décembre 2009
Rien à dire...
"Dès fois, il vaut mieux ne rien dire et passer pour un con que de l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet."
mais encore...
"S'il est bon de ne rien dire avant de parler il est encore plus utile de réfléchir
avant de penser."
Alors Mélia sait ce qu'il lui reste à faire...
mais encore...
"S'il est bon de ne rien dire avant de parler il est encore plus utile de réfléchir
avant de penser."
Alors Mélia sait ce qu'il lui reste à faire...
samedi 31 octobre 2009
Petite maline
23 ans, elle a eu le droit à son licenciement économique aussi. C’est dans l’air du temps alors voilà, son poste d’assistante commerciale a été supprimé. Elle était heureuse depuis deux ans, son premier poste. Elle se voyait évoluer dans l’entreprise, enfin c’est ce qu’on lui avait dit mais la crise est passée par là. Elle réfléchit à ce qu’elle voudrait, pourrait faire… Elle veut de l’argent, comme tout le monde, mais en faisant le minimum.
Aucune offre à l’horizon, elle est jeune, jolie, dynamique et ne veut pas rester à son appartement à ne rien faire. Elle discute avec ses amies et peu à peu, elle entrevoit une solution : « se maquer avec un mec plein de tunes ». C’est parti d’un délire un soir où elle avait un peu bu mais finalement, elle se dit que ce n’est pas si bête que cela. Elle étudie maintenant les différentes soirées qui se profilent à la rencontre de mecs friqués. Elle a essayé les vernissages mais pour l’instant, nada « cercle trop fermé ». Elle tente depuis peu le casino mais quand elle voit les pauvres accros aux machines et au poker, elle se dit que finalement ce n’est pas un bon plan. Ils risquent de dilapider leur argent…
Une amie l’appelle un matin. Elle a réussi à se faire inviter à une soirée très sélect d’une entreprise multinationale. Elle peut y aller avec quelqu’un alors elle a pensé à elle. La voilà vêtue de sa jolie robe noire près du corps, joliment maquillée, sourire dévoilant des dents blanches impeccables, elle arrive dans le restaurant quatre étoiles avec son amie à son bras. Son amie lui décrit rapidement les hommes à aborder, les célibataires qui n’ont pas le temps d’avoir une vie sentimentale équilibrée du fait d’un job trop prenant. Elle craque direct sur un directeur de filiale, la trentaine, costard impeccable, beau mec, tout à fait à son goût. Elle l’aborde.
« Bonsoir.»
« Bonsoir. Nous ne nous sommes jamais rencontrés, je crois.»
« Non, effectivement mais je sens que nous allons bien nous entendre.»
Le type la regarde d’un air interrogateur, mais le sourire apparaît rapidement.
Il l’invite à prendre une coupe de champagne. Elle le précède de sa démarche chaloupée. Ils s’assoient dans un canapé et entament la discussion. Je les vois, elle minaude, rit à chaque fois que c’est possible. Lui, ne la quitte déjà plus des yeux.
Le dîner est servi. Il l’invite à sa table. Avant toute chose, elle se précipite aux toilettes pour réajuster son maquillage et son décolleté qu’elle met plus en valeur.
Il se lève à son arrivée et la présente aux autres invités. Il semble la trouver culottée d’avoir réussi à intégrer ce dîner mais ça l’amuse beaucoup. Les plats se suivent, elle se met aux petits soins pour lui et n’hésite plus à le complimenter sur sa beauté et son job. Il entre dans son jeu, il commence à lui effleurer le bras. Elle aime ce contact sur sa peau.
Ils sont partis ensemble ce soir là. Elle a préféré l’harponner tout de suite et lui montrer ce dont elle était capable au lit. Il n’avait jamais passé une nuit aussi torride, sensuelle. Il est conquis.
Les jours qui ont suivi, il l’a appelé, l’a couvert de fleurs. Elle se rend disponible dès qu’il est là et continue à le subjuguer. La demande en mariage n’a pas tardé non plus… Elle a accepté bien sûr.
Cinq années ont passé, elle n’a jamais retravaillé et veille à ses moindres désirs. En contre partie, elle a gagné un statut et profite amplement de son argent.
Comme quoi se dit-elle, l’important est d’avoir un objectif et de s’y tenir.
Aucune offre à l’horizon, elle est jeune, jolie, dynamique et ne veut pas rester à son appartement à ne rien faire. Elle discute avec ses amies et peu à peu, elle entrevoit une solution : « se maquer avec un mec plein de tunes ». C’est parti d’un délire un soir où elle avait un peu bu mais finalement, elle se dit que ce n’est pas si bête que cela. Elle étudie maintenant les différentes soirées qui se profilent à la rencontre de mecs friqués. Elle a essayé les vernissages mais pour l’instant, nada « cercle trop fermé ». Elle tente depuis peu le casino mais quand elle voit les pauvres accros aux machines et au poker, elle se dit que finalement ce n’est pas un bon plan. Ils risquent de dilapider leur argent…
Une amie l’appelle un matin. Elle a réussi à se faire inviter à une soirée très sélect d’une entreprise multinationale. Elle peut y aller avec quelqu’un alors elle a pensé à elle. La voilà vêtue de sa jolie robe noire près du corps, joliment maquillée, sourire dévoilant des dents blanches impeccables, elle arrive dans le restaurant quatre étoiles avec son amie à son bras. Son amie lui décrit rapidement les hommes à aborder, les célibataires qui n’ont pas le temps d’avoir une vie sentimentale équilibrée du fait d’un job trop prenant. Elle craque direct sur un directeur de filiale, la trentaine, costard impeccable, beau mec, tout à fait à son goût. Elle l’aborde.
« Bonsoir.»
« Bonsoir. Nous ne nous sommes jamais rencontrés, je crois.»
« Non, effectivement mais je sens que nous allons bien nous entendre.»
Le type la regarde d’un air interrogateur, mais le sourire apparaît rapidement.
Il l’invite à prendre une coupe de champagne. Elle le précède de sa démarche chaloupée. Ils s’assoient dans un canapé et entament la discussion. Je les vois, elle minaude, rit à chaque fois que c’est possible. Lui, ne la quitte déjà plus des yeux.
Le dîner est servi. Il l’invite à sa table. Avant toute chose, elle se précipite aux toilettes pour réajuster son maquillage et son décolleté qu’elle met plus en valeur.
Il se lève à son arrivée et la présente aux autres invités. Il semble la trouver culottée d’avoir réussi à intégrer ce dîner mais ça l’amuse beaucoup. Les plats se suivent, elle se met aux petits soins pour lui et n’hésite plus à le complimenter sur sa beauté et son job. Il entre dans son jeu, il commence à lui effleurer le bras. Elle aime ce contact sur sa peau.
Ils sont partis ensemble ce soir là. Elle a préféré l’harponner tout de suite et lui montrer ce dont elle était capable au lit. Il n’avait jamais passé une nuit aussi torride, sensuelle. Il est conquis.
Les jours qui ont suivi, il l’a appelé, l’a couvert de fleurs. Elle se rend disponible dès qu’il est là et continue à le subjuguer. La demande en mariage n’a pas tardé non plus… Elle a accepté bien sûr.
Cinq années ont passé, elle n’a jamais retravaillé et veille à ses moindres désirs. En contre partie, elle a gagné un statut et profite amplement de son argent.
Comme quoi se dit-elle, l’important est d’avoir un objectif et de s’y tenir.
lundi 12 octobre 2009
Mademoiselle
Elle se trouve belle. Depuis petite, elle entend tout le monde lui dire qu’elle est jolie, alors forcément elle a pris un peu le melon. Elle a 27 ans maintenant, elle est grande, fine, des seins pigeonnants, un petit cul bien bombé, des cheveux blonds bouclés qui lui tombent presque aux reins, des yeux verts en amande, une bouche pulpeuse. Elle attire les regards, c’est certain et elle sait y faire : une moue boudeuse par ci, un petit sourire par là, une langue passée sur ses lèvres parfois… Les hommes sont lobotomisés dès qu’il la voit, les femmes envieuses, d’autres subjuguées. Elle virevolte partout où elle passe. Elle vient de décrocher son diplôme en droit, intelligente en plus… Elle cultive tout de même son côté superficiel, est accro de la mode, des dernières tendances.
Ce matin, elle s’est levée, s’est regardée dans le miroir une fois prête : « Tu es sublime ! ». Elle porte sa nouvelle jupe noire centrée à la taille, évasée, coupée aux cuisses, un chemisier blanc légèrement transparent, laissant découvrir ses bras et la naissance de ses seins. Elle enfile ses escarpins à talons hauts, accessoirise de son nouveau sac Courtchamp et la voilà, fin prête à débuter sa première journée de travail dans le très select cabinet d’avocats dirigé par son père. Elle arrive, sourire carnassier, et s’étonne que l’assistante ne lui dise même pas bonjour. Ce n’est tout de même pas à moi de m’abaisser à cela se dit-elle… tant pis, j’en parlerai à Père. Elle n’a d’yeux que pour ses confrères, surtout le grand blond, sur qui elle aimerait lécher de la chantilly sur son torse. Il ne la regarde même pas, ça l’agace vraiment.
Son père lui présente son assistante personnelle. « La pauvre fille, se dit-elle, elle a vraiment un physique ingrat… La nature ne l’a pas gâté ».
« Bonjour mademoiselle » lui dit l’assistante.
« Bonjour, allez me chercher un café, je sens que je vais en avoir besoin là ! »
L’assistante s’exécute.
« Mon café est trop sucré. Vous voulez vraiment que je vous ressemble ou pas ? » lui dit-elle avec dédain.
L’assistante baisse les yeux et s’en va.
« Ah ce personnel ! Père, j’ai l’impression qu’il va falloir opérer quelques changements ici. »
« Ecoute, ma chérie, tu es arrivée depuis moins de trente minutes et tu es déjà en train de tout critiquer. Je te prie de te calmer. »
« Pardon ? Me calmer, moi ? Mais enfin, la standardiste ne me salue même pas. L’assistante que tu m’as attribuée n’a pas l’air très futée et tu veux que je ne dise rien ? »
« Oui, tu as tout à fait compris. »
« Ok, si c’est ça, je m’en vais. »
« Ne reviens pas demain » lui dit son père.
« Je n’ai pas besoin de toi de toute façon, je vaux bien mieux que vous tous réunis ».
Elle tourne les talons et quitte le cabinet, non mais !!!!
Ce matin, elle s’est levée, s’est regardée dans le miroir une fois prête : « Tu es sublime ! ». Elle porte sa nouvelle jupe noire centrée à la taille, évasée, coupée aux cuisses, un chemisier blanc légèrement transparent, laissant découvrir ses bras et la naissance de ses seins. Elle enfile ses escarpins à talons hauts, accessoirise de son nouveau sac Courtchamp et la voilà, fin prête à débuter sa première journée de travail dans le très select cabinet d’avocats dirigé par son père. Elle arrive, sourire carnassier, et s’étonne que l’assistante ne lui dise même pas bonjour. Ce n’est tout de même pas à moi de m’abaisser à cela se dit-elle… tant pis, j’en parlerai à Père. Elle n’a d’yeux que pour ses confrères, surtout le grand blond, sur qui elle aimerait lécher de la chantilly sur son torse. Il ne la regarde même pas, ça l’agace vraiment.
Son père lui présente son assistante personnelle. « La pauvre fille, se dit-elle, elle a vraiment un physique ingrat… La nature ne l’a pas gâté ».
« Bonjour mademoiselle » lui dit l’assistante.
« Bonjour, allez me chercher un café, je sens que je vais en avoir besoin là ! »
L’assistante s’exécute.
« Mon café est trop sucré. Vous voulez vraiment que je vous ressemble ou pas ? » lui dit-elle avec dédain.
L’assistante baisse les yeux et s’en va.
« Ah ce personnel ! Père, j’ai l’impression qu’il va falloir opérer quelques changements ici. »
« Ecoute, ma chérie, tu es arrivée depuis moins de trente minutes et tu es déjà en train de tout critiquer. Je te prie de te calmer. »
« Pardon ? Me calmer, moi ? Mais enfin, la standardiste ne me salue même pas. L’assistante que tu m’as attribuée n’a pas l’air très futée et tu veux que je ne dise rien ? »
« Oui, tu as tout à fait compris. »
« Ok, si c’est ça, je m’en vais. »
« Ne reviens pas demain » lui dit son père.
« Je n’ai pas besoin de toi de toute façon, je vaux bien mieux que vous tous réunis ».
Elle tourne les talons et quitte le cabinet, non mais !!!!
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