samedi 30 janvier 2010

Les lectures de Mélia

Mélia commence à parler d'elle... c'est inquiétant.
Petite, Mélia ne dessinait que des bonhommes. Vous savez la fameuse époque à 3 ans environ où vous découvrez que vous êtes capables de dessiner un semblant d'être humain. Quand Mélia regarde ses dessins de l'école maternelle, elle ne voit que des bonhommes. Les maisons viennent bien sûr par la suite mais toujours avec une femme ou un homme et des fleurs... Si Mélia fait de la psycho de comptoir, elle se dit qu'elle a toujours été intéressée par l'Etre Humain. Tout naturellement, elle a suivi ce parcours, étudier la personne dans sa globalité et dans ses périodes les plus difficiles. Alors Mélia a choisi ses lectures en fonction de cet intérêt grandissant. Les auteurs ne sont pas connus, elle s'en fout. Elle est allée cet après-midi dans une librairie et elle s'est dirigée directement vers les récits de vie, comme toujours d'ailleurs. Mélia ne regarde pas les auteurs, elle choisit les histoires et elle n'est jamais déçue de ses choix. Certains diront que Mélia a des lectures glauques, peut-être mais elle assume. Ce n'est pas de la curiosité malsaine, c'est juste un intérêt pour les personnes. Alors Mélia va se plonger de nouveau dans les problèmes de drogue, et découvrir la maltraitance conjugale... Des soirées sombres ? Non, juste le temps de laisser à ceux ou celles qui ont à raconter, la toucher. Ces écrits sont là pour écouter la parole des êtres humains et permettre de les dépasser un peu... Merci à tous ces auteurs aussi anonymes qu'ils soient parfois, ils ne le sont pas pour Mélia...

lundi 25 janvier 2010

Liberté

Jolie brunette aux yeux noisettes, cheveux longs, sourire ravageur, elle entrouve la porte doucement et... "J'ai eu mon permis de conduire !!!!" Elle jubile, saute sur place, ses yeux pétillent ! "Bravo ! enfin !!!" lui disent ses deux amies. "Je l'ai eu, oui, au bout de trois fois !"

Cette jolie jeune fille de 25 ans a déjà bien bourlingué. Elle a quitté le lycée en première en annonçant à sa mère "Je me prends une année sabbatique. Je pars à Londres". Elle n'a jamais aimé les études, les professeurs la trouvaient turbulente. Jamais impolie, mais elle ne peut s'empêcher de parler, parler, parler. Ce dont elle rêve, c'est de l'action ! Les études, ça l'embête. Elle se plaçait toujours au fond près de la fenêtre et échaffaudait multiples plans. "Le bac, c'est pour les autres" se dit-elle, alors n'ayant pas froid aux yeux, elle a débarqué seule à Londres. Elle a un très bon contact et n'a eu aucun mal à se faire des amis. Elle a décroché un job de serveuse rapidement, puis un deuxième... Elle saisit les opportunités en faisant confiance facilement au premier venu mais la chance l'accompagne toujours. Un jour, elle a décidé de revenir en France alors elle est rentrée tout simplement mais n'a jamais repris les études pour passer son bac. Elle enchaîne les jobs, elle se débrouille toujours. Elle s'intéresse à la photo. Tout naturellement, elle a cherché une formation dans ce domaine. Elle espère percer dans ce milieu. Elle ne sait comment faire mais elle continue à prendre plusieurs contacts tranquillement.

"Les filles, j'ai une autre nouvelle ! Je pars à Paris !", "Quoi ?", "J'attendais d'avoir mon permis de conduire, un ancien ami vient de lâcher son job d'ingénieur et se lancer dans la musique. Il a proposé de m'héberger et de me donner ses contacts pour que je puisse faire des reportages-photos alors je pars dans une semaine !"

Rien n'est sûr à priori, mais quand on a la jeunesse, le dynamisme, les yeux pétillants, on peut tout se permettre alors elle est heureuse, elle repart à l'aventure, enfin !!!! Souhaitons lui "Bonne chance !"

vendredi 22 janvier 2010

Le début de la fin ?

Mélia perd la notion du temps. Plusieurs oublis dans la semaine, planning inversé, plusieurs rdv en même temps... Inquiétant... Le blog de Mélia suit la même déperdition au vu du peu de messages postés ces derniers temps. Comment ? Nous sommes en 2010 ? Fin janvier ? C'est une blague ? Non, les enfants de Mélia grandissent chaque jour et par moments, elle se réveille en se disant que ce n'est pas possible que le temps passe si vite. Elle inspecte son visage, regarde des petites ridules qui viennent petit à petit... Quoi, déjà ? Ceci dit, Mélia met ça sur le compte de ses éclats de rire et de ses blagues foireuses. Des cheveux blancs ? pppfff un peu trop abusé de blondeur, ça a du virer !!!

Moralité : Mélia va organiser un petit we sympa !

samedi 9 janvier 2010

Achats gagnants ?

Agglutinées telles des mouches à mierda devant les vitrines à l'heure de l'ouverture, les fashionatas sont dans les starting-block pour dénicher la bonne affaire ! La vraie bonne affaire ! Le coup d'envoi des soldes est donné. Allez-y mesdames, dégainez vos cartes bleues et relancez l'économie française.

Parées de leurs manteaux, gants, écharpes, talons plats et vêtements faciles à enlever et à remettre accessoirement, elles trépignent d'impatience. Les méthodiques ont déjà repéré quelques jours auparavant ce dont elles ont envie, besoin ? on ne sait pas, c'est tout de même le principe des soldes. Les vraies adeptes notent directement sur leurs portables dernier cri le prix des fringues et autres pour que le jour J, elles aient vraiment le sentiment de ne pas se faire avoir ! "Non madame, ce n'était pas le prix affiché hier midi !" "ahahah, elles ne m'auront pas !". D'autres se pointent le jour J sans vraiment savoir ce qu'elles vont acheter mais la nécessité de dépenser de l'argent est VITALE alors peu importe. Autres modeuses moins accros certes, mais présentes également : elles arrivent tranquillement et advienne que pourra "Si je trouve quelque chose, j'achète sinon tant pis...! No stress..."

Peu importe, car entre fashionatas, on se comprend ! A la question "Qu'as-tu acheté en soldes ?" On saura quoi répondre ! Mélia, aussi, saura quoi dire : "J'ai trouvé une super paire de bottes qui n'attendait que moi dans le magasin identifié accessible le jour des soldes !!!" Je vais pouvoir crâner moi aussi, na et c'est pas fini...

PS : toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

samedi 26 décembre 2009

Noël

Noël,
les sapins parés de guirlandes éclatantes, les lumières scintillantes, de la joie dans les yeux des enfants, des parents, des grands-parents émus aux larmes… Des mets préparés en famille, des bulles, du vin sorti du fin fond de la cave qui attendait simplement d’être dégusté en cette joyeuse période… Un Père Noël tant attendu distribuant des cadeaux en parvenant toujours à se cacher à la vue des plus petits… Des cris de joie, de l’excitation au moment du déballage de ces précieux paquets…
Elle se souvient de ces moments où elle faisait encore partie de la fête, de tous ces préparatifs et de sa joie à recevoir toute sa famille autour d’une jolie table dressée. Chignon bien serré, robe achetée sur le marché quelques jours auparavant, le regard attendri de son époux qui la redécouvrait à chaque Noël. Elle sourit doucement, ses yeux emplis de larme… de joie, de solitude… Elle ne sait dire. Il est 21h, elle n’est pas vêtue de sa jolie robe parme qui avait fait tant sensation… il y a dix ans déjà… Aujourd’hui, elle est couchée dans son lit médicalisé, une chemise de nuit de tous les jours… rien d’extraordinaire. Elle regarde la télé… L’infirmière va passer pour lui donner ses médicaments pour mieux dormir, comme tous les soirs… Les joyeux réveillons de Noël, c’est fini pour elle…
Perdue dans ses pensées, elle n’a pas entendu l’infirmière venir.
« Bonsoir Louise, je viens vous apporter vos médicaments. Je voulais vous souhaiter un Joyeux Noël en avance, je ne travaille pas demain. Vos enfants ont téléphoné, ils viendront vous voir demain dans l’après-midi. »
Elle ne peut lui répondre car elle n’a plus l’usage de la parole depuis son accident vasculaire cérébral il y a neuf ans mais elle lui sourit.
« Dormez bien Louise. A bientôt. »
Louise, 85 ans, s’est assoupie rapidement avec des images de fête plein la tête… Elle a pensé à ses enfants et petits enfants qui commençaient sûrement à dîner...

dimanche 13 décembre 2009

Rien à dire...

"Dès fois, il vaut mieux ne rien dire et passer pour un con que de l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet."

mais encore...

"S'il est bon de ne rien dire avant de parler il est encore plus utile de réfléchir
avant de penser."

Alors Mélia sait ce qu'il lui reste à faire...

samedi 5 décembre 2009

Dépitée

Allongée seule dans son lit, elle écoute la pluie cliqueter contre son velux. Dimanche matin, elle n’a pas envie de se lever. Elle se prélasse dans son lit, s’étire comme un chat et replonge dans un demi-sommeil. Elle se roule dans sa couette bien au chaud et ses pensées s’enchevêtrent les unes aux autres. Elle sourit à l’idée de sa chute dans la rue perchée sur des talons trop hauts, elle s’assombrit quand elle pense au travail monstre qu’il attend demain, elle savoure à nouveau sa soirée de la veille avec ses amies,… « Que c’est bon ! » se dit-elle. Depuis quelques jours, elle se persuade que tout va bien dans sa vie mais là, elle sait que son petit moment de bien-être ne va pas durer. L’image qu’elle tente d’oublier revient sans cesse, sans crier gare… cette foutue pensée qu’elle aimerait endormir à jamais pour ne pas souffrir s’invite insidieusement.

C’était dimanche dernier, 19h. Elle l’attendait, il venait dîner chez elle. Il, cet homme rencontré neuf mois auparavant. Elle n’a pas résisté longtemps à son charme quand leurs voitures ont fait connaissance, un beau jour de printemps. Arrêtée à un feu, il n’a pas freiné suffisamment tôt. Il a embouti son pare-choc, plus de peur que de mal. Il était désolé, elle avait le rose aux joues, il l’a invité à boire un café pour établir le constat et depuis ce jour, ils ne se sont pas quittés. Chacun chez soi, mais souvent l’un chez l’autre. Un coup de foudre immédiat, des palpitations, cette sensation de chaleur, ces picotements, ils ont reconnu les premiers symptômes. Tout s’est enchaîné rapidement, une passion dévorante, une complicité grandissante… Mais 19h dimanche dernier, il n’est pas venu pour lui dire qu’il était fou d’elle. Elle le sentait depuis un moment, il était moins disponible et moins passionné. Elle savait que la soirée n’allait pas se dérouler comme elle l’avait prévu à l’instant où il l’a embrassé : un simple baiser au coin de la bouche. Il était mal à l’aise, il s’est assis sur le canapé et lui a dit immédiatement de venir à lui. Il a levé les yeux vers elle, elle commençait à avoir la bouche sèche. Il ne l’a jamais regardé ainsi.
« Ecoute… » commence-t-il. « J’ai beaucoup réfléchi ces derniers temps à notre relation. Je suis bien avec toi, mais je ne sais pas, ce n’est plus comme avant. J’ai eu une proposition de job aux Etats-Unis, je ne comptais pas y aller mais finalement, j’ai accepté. Je dois partir dans un mois pour une année au minimum. Je ne sais plus trop où j’en suis mais je pense que ça va m’aider à faire le point te concernant, à savoir si oui ou non j’ai envie de continuer avec toi… Je t’avoue que je ne sais plus. »
« Tu aurais du m’en parler avant. Pourquoi tu ne l’as pas fait ? Pourquoi tu as pris cette décision ? Si tu pars, c’est comme si tu tirais un trait définitif sur nous… Comment faire si loin ? Je t’aime, moi. Je veux qu’on reste ensemble. »
« C’est pour ça que j’ai besoin qu’on fasse un break, pour voir si mes sentiments envers toi vont nous amener où toi, tu le souhaites. »
« Mais je ne veux pas… »
« Je sais, mais écoute, je ne veux pas être trop abrupte mais je crois que mes sentiments pour toi ont changé. Ce n’est plus comme avant. Je t’aime bien, tu vois, mais je te vois plus comme avant. »
« Sors de chez moi immédiatement ! »
« Ne le prends pas comme ça. »
« Ne me fais pas croire que tu n’as pas pris ta décision. Elle est déjà prise puisque tu pars, va-t-en tout de suite. »
Il s’est levé en balbutiant « Je suis désolé, ne le prends pas comme ça… ».
« Comment je dois le prendre à ton avis ? »
Elle lui a ouvert la porte, il ne s’est même pas retourné.
« Salaud va ! »

Voilà ce qu’elle essaie d’oublier depuis une semaine, c’est dur mais elle s’est fait une promesse d’y arriver. Elle l’aime mais son image se ternit peu à peu quand elle repense à lui… Encore une histoire aux oubliettes d’ici peu… Elle ne se sent même plus en colère, elle est dépitée, c’est tout…