lundi 3 mai 2010

Et si c'était vrai...

A certains moments, on se croirait dans un sketch d'Elie Semoun quand il imite un dingue "les bras qui s'agitent vers le haut, vers le bas, la voix qui déraille".

La quarantaine, grand gabarit, yeux bleus perçants, sourire aux lèvres, le "bonjour" franc,... Quand on l'écoute, on peut se poser des questions... Il est "hors norme" dans son discours. Persécuté surtout depuis plusieurs années, tout le monde semble lui en vouloir : ses ex beaux-parents qui auraient appelé les policiers à la sortie d'une fête arrosée pour qu'il soit arrêté... qui l'empêchent de travailler, lui taillant une réputation faussée... sa nouvelle belle-mère qui s'est mariée avec son père pour "le faire crever et lui piquer son pognon"... son compteur d'électricité partagé depuis des années avec un voisin mais pas de partage de facture... son essence siphonnée par plusieurs voisins... des médicaments puissants qui altérent la mémoire et la concentration... "C'est pas étonnant de péter les plombs !" Les champignons attaquent maintenant sous les ongles de pieds... "Mais où va-t-on ?", "Comment relancer l'économie ?"
"Si je serais Président de la République, je donnerais de l'argent aux agriculteurs et hop, l'économie serait relancée car les gens acheteraient." Elle n'est pas simple la vie ?

samedi 24 avril 2010

La limite

"Suspendue à un fil dans le vide"... voilà l'image qu'elle a d'elle-même à ce moment précis où elle a raccroché avec "son ex". Oui, c'est "un ex" maintenant, c'est lui qui le lui a signifié. "Suspendue au néant" peu de jours auparavant où elle a pété les plombs à son travail... trop de pression, trop de choses négatives à gérer avec "son ex maintenant", ses filles adolescentes aujourd'hui... Elle ne supportait pas de le voir s'éloigner d'elle... Une remarque de trop via son patron et c'est parti "si c'est comme ça, je m'en vais". Elle a claqué la porte, sans se retourner. Elle ne s'est même pas sentie soulagée de l'avoir fait mais elle n'a pas eu le choix selon elle.
Elle est là maintenant chez elle, seule, ses filles au collège, les placards vides des effets de "son ex", sans revenus... Elle va exploser... Ses tempes tambourinent, elle sent cette tension au niveau des cervicales, son estomac noué... Elle se met à crier, elle ne reconnait même pas sa voix, la fureur qui sort d'elle l'insupporte... Elle est là par terre, en position foetale, elle hurle tel un animal apeuré... Des cris de désespoir, de tant de souffrances supportées pour rien... Elle entend des voix à sa porte, la sonnette... Elle est incapable de bouger, elle continue de crier sa fureur... Elle aperçoit ses anti-dépresseurs sur le coin de la table... Elle ne voit plus rien mis à part ce tube de cachets, elle le fixe... La sonnette se fait plus insistante... "Foutez-moi la paix" hurle-t-elle... Elle veut dormir, tellement elle se sent impuissante, inutile, inexistante... Elle esquisse un pas, lève le bras pour attraper ce foutu tube... Aucun son ne sort de sa bouche à cet instant... Elle avale ses médicaments pour se sentir mieux, pense-t-elle... Une sensation de chaleur l'envahit, elle sent son corps se détendre petit à petit et s'enivre de cette douceur, de ce sentiment de sécurité...
Tout s'est enchainé à son réveil forcé, elle souffre de douleurs à l'estomac, à l'oesophage, à la gorge... Que s'est-il passé ? Un lit inconnu, une pièce inconnue... Plus tard, elle dira que sa vie n'était alors "suspendue qu'à un fil", elle n'était concentrée que sur sa douleur. Depuis, elle a repris sa vie en main : ses filles, un nouveau travail... La limite est parfois si mince...

dimanche 4 avril 2010

Facebook suite...

Il est temps de faire un point sur Facebook !

- Mélia n'a pas beaucoup d'amis sur ce "puissant révélateur d'amis"... donc Mélia n'est pas populaire ! Mais qu'est-ce que ça veut dire être populaire ??? Etre adulée par autrui ??? Bah en fait, Mélia s'en tape un peu,

- Mélia aime rire avec ses amis tels que Lutecewoman, Richard, Amandine, Maria... et de ça, Mélia n'est pas déçue. Le degré d'autodérision semble respecter. Le contrat est rempli sur ce point, merci Facebook !

- Grâce à ses amis, Mélia s'est révélée être une bonne fermière, qualité non négligeable. Mélia n'en revient pas de voir comment elle s'occupe de sa ferme avec tant de passion : elle plante, récolte, s'occupe de ses animaux... et même de ceux des autres, incroyable ! Ceci dit, laissons une part de virtuel, ne venons pas transférer ces nouvelles compétences dans la "vraie life" (faut pas non plus déconner !),

- Mélia alias Barbie Tuy Rick est aussi une véritable "Diva". Faut la voir niquer ses consoeurs dans les duels, armée de son bâton de rouge à lèvres. Ah ah ah, à elle le Plaza !

- Concernant son ouverture de café, faut bien dire que Mélia n'est pas encore à la hauteur. Mais comment faire pour être une vraie Diva, une bonne fermière et une bonne cuisinière ??? (Lutecewoman pourra peut-être lui donner des conseils)

Au final, Mélia remercie son amie Lutecewoman (encore elle !) de lui avoir conseillé de s'inscrire sur Facebook car franchement, Mélia se marre bien !

samedi 20 mars 2010

"Le placard"

Elle est entrée dans ce lieu, un lieu inhabituel pour elle. Première mesure d'une bâtisse ancienne, maison ouverte à une exposition de talents... Elle est frappée d'emblée par cette pièce qu'elle pourrait assimiler à un "placard". L'espace est restreint mais l'émotion la prend à la gorge d'emblée. Une chaise sur la gauche entourée d'enveloppes à même le sol dans un désordre bien établi... la solitude, voilà ce qu'elle ressent. Le siège est face à des cartes postales, lien social sans doute avec le monde extérieur. Une peluche sur le sol, esseulée elle aussi parmi ces objets, objet de l'enfance livré à cette solitude, à ces responsabilités d'adulte parfois dures à assumer... L'Homme face à lui-même, à ses propres représentations, à ses propres pensées... Lieu de tergiversations, lieu empli de souffrances... Entre rouge et blanc, entre "folie" et "volonté d'en sortir"... La porte est ouverte, mais l'Homme se sent bien dans ce lieu, son lieu à lui où il vient s'y réfugier quand le monde autour est trop agressif...

vendredi 5 mars 2010

Cobra

Il arrive à son rendez-vous: grand gabarit, brun, cheveux courts, pantalon treillis, bérêt vert, veste de trapper, lunettes d'aviateur teinté. Il est imposant. C'est une personnalité à lui tout seul. Grande gueule, franc parlé, imitations diverses telles que Jackot, humour doté de "violence"... on ne peut pas passer à côté de lui sans le remarquer. Il s'exprime clairement, sans détours. Il est chauffeur routier. Il a de l'expérience dans ce métier, faut pas lui en raconter... Il a perdu son job comme beaucoup de ses collègues mais lui, on le remarque. Il pense à une autre carrière "Agent de sécurité". Il a le profil, le gabarit mais ses pensées délivrées en "live" peuvent heurter la sensibilité. Il a un diplôme d'ingénieur mais a bifurqué à un moment donné. "Ras-le-bol des connards en costard-cravate", il cherche la vraie vie, la dure vie où il faut courir après le fric pour subvenir à ses besoins mensuels. Peu importe, dans son camion, il est heureux, il accomplit son rêve d'enfant. Il aimerait conduire ces machines américaines rouge flamboyante mais il est en France et est confronté à la réalité du marché. Il n'y a pas de place pour des gens entiers où tout est dit à "sa" convenance. Il se livre doucement, son apparence n'est qu'une défense... Comme tout le monde, il joue un jeu... Le jeu d'une vie brisée au moment où il a perdu sa femme... Veuf si jeune mais avec un fils à élever. Il a la motivation mais pas pour tout, il sait ce qu'il lui faut... "Le luxe" d'avoir connu la détresse pour savoir comment avancer dans la vie... Comment s'insérer avec tant de "croyances" non propres au commun des mortels ?

lundi 22 février 2010

Premières galoches

Deux amies, à peine 13 ans discutent. Il est déjà minuit…

« Alors raconte, c’était comment avec Léo ? »

« Waouh trop bien, il m’a embrassé ! »

« Non, tu plaisantes ? Avec la langue ? »

« Oui avec la langue !!! »

« Non, tu déconnes ? »

« Oui, si je te le dis. Tu te rends compte, ça y est, je l’ai fait . Tu trouves que ça se voit ? »

« Bah non, pas plus que ça mais raconte… »

« On était dans le parc à côté de chez moi. Tu sais, il m’avait donné rendez-vous hier. »

« Oui évidemment que je m’en souviens mais raconte !!! »

« Il est arrivé avec son nouveau scoot, trop beau le scoot, tu sais il est noir et argenté »

« Trop fun mais raconte !!! »

« Il est venu vers moi et il m’a dit : tu veux toujours sortir avec moi ? J’étais trop gênée ! Du coup, j’ai rien dit ! »

« Mais t’es nulle ou quoi ? »

« Oh ça va ! tu peux parler toi, tu ne l’as jamais fait ! »

« Oh c’est bon… bon ok, raconte !!!! »

« Il a approché son visage vers moi et puis je ne sais pas, il m’a embrassé. J’ai rien vu venir.»

« Waouh trop bien… avec la langue ??? »

« Mais non, mais attends, tout de suite, toi !!! Il m’a fait un « piou » sur les lèvres et puis ensuite il a mis la langue… »

« Alors c’est comment ? »

« Franchement, au départ c’était bizarre mais après génial... »

« Ca a duré combien de temps ? »

« J’sais pas, j’avais pas mis le chrono, mais t’es conne ou quoi ? »

« Pppffff… »

"En tous cas, j’ai trouvé ça super et on a dit qu’on se verrait demain pour recommencer »

« Bon ok, mais comment t’as fait ? T’as tourné la langue ? »

« Ce que t’es conne toi, bah évidemment »

« Bon les filles, ça suffit maintenant, vous vous taisez, il est temps de dormir » dit la maman de la première.

La jeune fille n’en saura pas plus ce soir, mais doucement dans le noir, elle ouvre la bouche face à son oreiller, tourne sa langue en embrassant son amoureux imaginaire… pour s’entrainer !

samedi 30 janvier 2010

Les lectures de Mélia

Mélia commence à parler d'elle... c'est inquiétant.
Petite, Mélia ne dessinait que des bonhommes. Vous savez la fameuse époque à 3 ans environ où vous découvrez que vous êtes capables de dessiner un semblant d'être humain. Quand Mélia regarde ses dessins de l'école maternelle, elle ne voit que des bonhommes. Les maisons viennent bien sûr par la suite mais toujours avec une femme ou un homme et des fleurs... Si Mélia fait de la psycho de comptoir, elle se dit qu'elle a toujours été intéressée par l'Etre Humain. Tout naturellement, elle a suivi ce parcours, étudier la personne dans sa globalité et dans ses périodes les plus difficiles. Alors Mélia a choisi ses lectures en fonction de cet intérêt grandissant. Les auteurs ne sont pas connus, elle s'en fout. Elle est allée cet après-midi dans une librairie et elle s'est dirigée directement vers les récits de vie, comme toujours d'ailleurs. Mélia ne regarde pas les auteurs, elle choisit les histoires et elle n'est jamais déçue de ses choix. Certains diront que Mélia a des lectures glauques, peut-être mais elle assume. Ce n'est pas de la curiosité malsaine, c'est juste un intérêt pour les personnes. Alors Mélia va se plonger de nouveau dans les problèmes de drogue, et découvrir la maltraitance conjugale... Des soirées sombres ? Non, juste le temps de laisser à ceux ou celles qui ont à raconter, la toucher. Ces écrits sont là pour écouter la parole des êtres humains et permettre de les dépasser un peu... Merci à tous ces auteurs aussi anonymes qu'ils soient parfois, ils ne le sont pas pour Mélia...

lundi 25 janvier 2010

Liberté

Jolie brunette aux yeux noisettes, cheveux longs, sourire ravageur, elle entrouve la porte doucement et... "J'ai eu mon permis de conduire !!!!" Elle jubile, saute sur place, ses yeux pétillent ! "Bravo ! enfin !!!" lui disent ses deux amies. "Je l'ai eu, oui, au bout de trois fois !"

Cette jolie jeune fille de 25 ans a déjà bien bourlingué. Elle a quitté le lycée en première en annonçant à sa mère "Je me prends une année sabbatique. Je pars à Londres". Elle n'a jamais aimé les études, les professeurs la trouvaient turbulente. Jamais impolie, mais elle ne peut s'empêcher de parler, parler, parler. Ce dont elle rêve, c'est de l'action ! Les études, ça l'embête. Elle se plaçait toujours au fond près de la fenêtre et échaffaudait multiples plans. "Le bac, c'est pour les autres" se dit-elle, alors n'ayant pas froid aux yeux, elle a débarqué seule à Londres. Elle a un très bon contact et n'a eu aucun mal à se faire des amis. Elle a décroché un job de serveuse rapidement, puis un deuxième... Elle saisit les opportunités en faisant confiance facilement au premier venu mais la chance l'accompagne toujours. Un jour, elle a décidé de revenir en France alors elle est rentrée tout simplement mais n'a jamais repris les études pour passer son bac. Elle enchaîne les jobs, elle se débrouille toujours. Elle s'intéresse à la photo. Tout naturellement, elle a cherché une formation dans ce domaine. Elle espère percer dans ce milieu. Elle ne sait comment faire mais elle continue à prendre plusieurs contacts tranquillement.

"Les filles, j'ai une autre nouvelle ! Je pars à Paris !", "Quoi ?", "J'attendais d'avoir mon permis de conduire, un ancien ami vient de lâcher son job d'ingénieur et se lancer dans la musique. Il a proposé de m'héberger et de me donner ses contacts pour que je puisse faire des reportages-photos alors je pars dans une semaine !"

Rien n'est sûr à priori, mais quand on a la jeunesse, le dynamisme, les yeux pétillants, on peut tout se permettre alors elle est heureuse, elle repart à l'aventure, enfin !!!! Souhaitons lui "Bonne chance !"

vendredi 22 janvier 2010

Le début de la fin ?

Mélia perd la notion du temps. Plusieurs oublis dans la semaine, planning inversé, plusieurs rdv en même temps... Inquiétant... Le blog de Mélia suit la même déperdition au vu du peu de messages postés ces derniers temps. Comment ? Nous sommes en 2010 ? Fin janvier ? C'est une blague ? Non, les enfants de Mélia grandissent chaque jour et par moments, elle se réveille en se disant que ce n'est pas possible que le temps passe si vite. Elle inspecte son visage, regarde des petites ridules qui viennent petit à petit... Quoi, déjà ? Ceci dit, Mélia met ça sur le compte de ses éclats de rire et de ses blagues foireuses. Des cheveux blancs ? pppfff un peu trop abusé de blondeur, ça a du virer !!!

Moralité : Mélia va organiser un petit we sympa !

samedi 9 janvier 2010

Achats gagnants ?

Agglutinées telles des mouches à mierda devant les vitrines à l'heure de l'ouverture, les fashionatas sont dans les starting-block pour dénicher la bonne affaire ! La vraie bonne affaire ! Le coup d'envoi des soldes est donné. Allez-y mesdames, dégainez vos cartes bleues et relancez l'économie française.

Parées de leurs manteaux, gants, écharpes, talons plats et vêtements faciles à enlever et à remettre accessoirement, elles trépignent d'impatience. Les méthodiques ont déjà repéré quelques jours auparavant ce dont elles ont envie, besoin ? on ne sait pas, c'est tout de même le principe des soldes. Les vraies adeptes notent directement sur leurs portables dernier cri le prix des fringues et autres pour que le jour J, elles aient vraiment le sentiment de ne pas se faire avoir ! "Non madame, ce n'était pas le prix affiché hier midi !" "ahahah, elles ne m'auront pas !". D'autres se pointent le jour J sans vraiment savoir ce qu'elles vont acheter mais la nécessité de dépenser de l'argent est VITALE alors peu importe. Autres modeuses moins accros certes, mais présentes également : elles arrivent tranquillement et advienne que pourra "Si je trouve quelque chose, j'achète sinon tant pis...! No stress..."

Peu importe, car entre fashionatas, on se comprend ! A la question "Qu'as-tu acheté en soldes ?" On saura quoi répondre ! Mélia, aussi, saura quoi dire : "J'ai trouvé une super paire de bottes qui n'attendait que moi dans le magasin identifié accessible le jour des soldes !!!" Je vais pouvoir crâner moi aussi, na et c'est pas fini...

PS : toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

samedi 26 décembre 2009

Noël

Noël,
les sapins parés de guirlandes éclatantes, les lumières scintillantes, de la joie dans les yeux des enfants, des parents, des grands-parents émus aux larmes… Des mets préparés en famille, des bulles, du vin sorti du fin fond de la cave qui attendait simplement d’être dégusté en cette joyeuse période… Un Père Noël tant attendu distribuant des cadeaux en parvenant toujours à se cacher à la vue des plus petits… Des cris de joie, de l’excitation au moment du déballage de ces précieux paquets…
Elle se souvient de ces moments où elle faisait encore partie de la fête, de tous ces préparatifs et de sa joie à recevoir toute sa famille autour d’une jolie table dressée. Chignon bien serré, robe achetée sur le marché quelques jours auparavant, le regard attendri de son époux qui la redécouvrait à chaque Noël. Elle sourit doucement, ses yeux emplis de larme… de joie, de solitude… Elle ne sait dire. Il est 21h, elle n’est pas vêtue de sa jolie robe parme qui avait fait tant sensation… il y a dix ans déjà… Aujourd’hui, elle est couchée dans son lit médicalisé, une chemise de nuit de tous les jours… rien d’extraordinaire. Elle regarde la télé… L’infirmière va passer pour lui donner ses médicaments pour mieux dormir, comme tous les soirs… Les joyeux réveillons de Noël, c’est fini pour elle…
Perdue dans ses pensées, elle n’a pas entendu l’infirmière venir.
« Bonsoir Louise, je viens vous apporter vos médicaments. Je voulais vous souhaiter un Joyeux Noël en avance, je ne travaille pas demain. Vos enfants ont téléphoné, ils viendront vous voir demain dans l’après-midi. »
Elle ne peut lui répondre car elle n’a plus l’usage de la parole depuis son accident vasculaire cérébral il y a neuf ans mais elle lui sourit.
« Dormez bien Louise. A bientôt. »
Louise, 85 ans, s’est assoupie rapidement avec des images de fête plein la tête… Elle a pensé à ses enfants et petits enfants qui commençaient sûrement à dîner...

dimanche 13 décembre 2009

Rien à dire...

"Dès fois, il vaut mieux ne rien dire et passer pour un con que de l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet."

mais encore...

"S'il est bon de ne rien dire avant de parler il est encore plus utile de réfléchir
avant de penser."

Alors Mélia sait ce qu'il lui reste à faire...

samedi 5 décembre 2009

Dépitée

Allongée seule dans son lit, elle écoute la pluie cliqueter contre son velux. Dimanche matin, elle n’a pas envie de se lever. Elle se prélasse dans son lit, s’étire comme un chat et replonge dans un demi-sommeil. Elle se roule dans sa couette bien au chaud et ses pensées s’enchevêtrent les unes aux autres. Elle sourit à l’idée de sa chute dans la rue perchée sur des talons trop hauts, elle s’assombrit quand elle pense au travail monstre qu’il attend demain, elle savoure à nouveau sa soirée de la veille avec ses amies,… « Que c’est bon ! » se dit-elle. Depuis quelques jours, elle se persuade que tout va bien dans sa vie mais là, elle sait que son petit moment de bien-être ne va pas durer. L’image qu’elle tente d’oublier revient sans cesse, sans crier gare… cette foutue pensée qu’elle aimerait endormir à jamais pour ne pas souffrir s’invite insidieusement.

C’était dimanche dernier, 19h. Elle l’attendait, il venait dîner chez elle. Il, cet homme rencontré neuf mois auparavant. Elle n’a pas résisté longtemps à son charme quand leurs voitures ont fait connaissance, un beau jour de printemps. Arrêtée à un feu, il n’a pas freiné suffisamment tôt. Il a embouti son pare-choc, plus de peur que de mal. Il était désolé, elle avait le rose aux joues, il l’a invité à boire un café pour établir le constat et depuis ce jour, ils ne se sont pas quittés. Chacun chez soi, mais souvent l’un chez l’autre. Un coup de foudre immédiat, des palpitations, cette sensation de chaleur, ces picotements, ils ont reconnu les premiers symptômes. Tout s’est enchaîné rapidement, une passion dévorante, une complicité grandissante… Mais 19h dimanche dernier, il n’est pas venu pour lui dire qu’il était fou d’elle. Elle le sentait depuis un moment, il était moins disponible et moins passionné. Elle savait que la soirée n’allait pas se dérouler comme elle l’avait prévu à l’instant où il l’a embrassé : un simple baiser au coin de la bouche. Il était mal à l’aise, il s’est assis sur le canapé et lui a dit immédiatement de venir à lui. Il a levé les yeux vers elle, elle commençait à avoir la bouche sèche. Il ne l’a jamais regardé ainsi.
« Ecoute… » commence-t-il. « J’ai beaucoup réfléchi ces derniers temps à notre relation. Je suis bien avec toi, mais je ne sais pas, ce n’est plus comme avant. J’ai eu une proposition de job aux Etats-Unis, je ne comptais pas y aller mais finalement, j’ai accepté. Je dois partir dans un mois pour une année au minimum. Je ne sais plus trop où j’en suis mais je pense que ça va m’aider à faire le point te concernant, à savoir si oui ou non j’ai envie de continuer avec toi… Je t’avoue que je ne sais plus. »
« Tu aurais du m’en parler avant. Pourquoi tu ne l’as pas fait ? Pourquoi tu as pris cette décision ? Si tu pars, c’est comme si tu tirais un trait définitif sur nous… Comment faire si loin ? Je t’aime, moi. Je veux qu’on reste ensemble. »
« C’est pour ça que j’ai besoin qu’on fasse un break, pour voir si mes sentiments envers toi vont nous amener où toi, tu le souhaites. »
« Mais je ne veux pas… »
« Je sais, mais écoute, je ne veux pas être trop abrupte mais je crois que mes sentiments pour toi ont changé. Ce n’est plus comme avant. Je t’aime bien, tu vois, mais je te vois plus comme avant. »
« Sors de chez moi immédiatement ! »
« Ne le prends pas comme ça. »
« Ne me fais pas croire que tu n’as pas pris ta décision. Elle est déjà prise puisque tu pars, va-t-en tout de suite. »
Il s’est levé en balbutiant « Je suis désolé, ne le prends pas comme ça… ».
« Comment je dois le prendre à ton avis ? »
Elle lui a ouvert la porte, il ne s’est même pas retourné.
« Salaud va ! »

Voilà ce qu’elle essaie d’oublier depuis une semaine, c’est dur mais elle s’est fait une promesse d’y arriver. Elle l’aime mais son image se ternit peu à peu quand elle repense à lui… Encore une histoire aux oubliettes d’ici peu… Elle ne se sent même plus en colère, elle est dépitée, c’est tout…

samedi 21 novembre 2009

Le plus beau jour de sa vie ? (suite)

Une année a passé depuis son mariage…

Le voyage de noces aux Seychelles était somptueux. Ils se sont prélassés durant dix jours à la plage et à la piscine. Ils sont revenus tout bronzés et heureux. Ils ont fait l’amour chaque jour même plusieurs fois par jour. Tout était propice au romantisme et au dépaysement total. Elle a remercié tous les invités qui avaient participé à ce merveilleux cadeau et a retrouvé un semblant d’optimisme au mariage.
L’atterrissage s’est bien déroulé mais la grisaille ambiante les a fait retourner tout droit dans leur quotidien, sans préavis. Les journées s’enchaînent, le travail leur prend beaucoup de temps à tous les deux. Ils se retrouvent le soir éreintés mais contents de se retrouver. Le temps de la complicité dure encore, même si le rythme des câlins s’est aussi amenuisé. Elle réfléchit de nouveau au fait de s’être mariée. Qu’est-ce que cela a changé au final ?

« Rien » dit-elle à sa meilleure amie.
Elle est évidemment heureuse d’être reconnue socialement en tant qu’épouse de l’homme qu’elle aime mais voilà, c’est tout. Elle espérait sans doute autre chose, une lune de miel en continu mais elle se rend compte que tout cela n’est que dans ses rêves. Son mari est attentionné, elle l’aime de tout son cœur mais elle se demande comment faire pour retrouver les sensations de leur voyage de noces.

« Les femmes sont toujours éprises de désirs fous, les hommes sont plus terre à terre. » commente-t-elle.
« Je ne te comprends pas, lui dit son amie. Tu as tout pour être heureuse. Il est difficile d’échapper au tourbillon de la vie et à ses contraintes. Que veux-tu de plus ? »
« Ce que je veux, c’est l’amour passion du début. »
« Tu sais bien que l’amour se transforme en quelque chose de plus profond. C’est difficile d’entretenir la flamme au quotidien. »
« Tu vois, je crois que c’est de ça dont j’avais peur. C’est que quelque part, mon mari se dise que je lui appartiens officiellement et du coup, il ne fait plus d’efforts pour me séduire. C’est de l’acquis pour lui, tu comprends ? »
« Oui je comprends… »
« Je n’aurai pas du me marier. »
« Arrête de dire cela. Et toi, tu le séduis ? »
« Non, c’est vrai. Je crois que je suis comme lui en fait. »
« Comment demander à un homme ce que toi, tu ne fais pas pour lui ? »
« Tu as raison. Je vais me reprendre. »
« Surprends le toi aussi. N’attends pas qu’il le fasse, prends toi en main. Regarde, ton mariage, tu l’as vécu comme étrangère à toi-même. Tu t’es laissée convaincre, ce n’était pas toi finalement. »
« Non, c’est vrai. Mais je l’ai voulu tout de même. »

La voilà seule de nouveau, elle réfléchit.
Elle a trouvé : « Je vais lui préparer un petit dîner ce soir ». Comme une adolescente toute excitée par son idée, elle décide avant toute chose d’aller s’acheter une nouvelle tenue puis de la lingerie sexy pour le surprendre.
Elle s’affaire ensuite à préparer le dîner, met le champagne au frais. Elle prépare la table, lumière tamisée en prime.
« Voilà, tout est parfait. Je vais me préparer maintenant ».
Elle fait couler l’eau du bain avec des huiles essentielles. Elle se prélasse doucement, se détend totalement. Elle enfile son nouvel ensemble sexy puis sa jolie tenue, se maquille, se coiffe puis se parfume.
Elle redescend au salon, satisfaite de ses préparatifs. Elle l’attend sourire aux lèvres.

Le téléphone sonne.
« C’est moi ma chérie, écoute, je suis désolé. J’ai une réunion qui va s’éterniser et un dîner avec des clients qui n’étaient pas prévu. »
« Ah… ». Son visage se décompose.
« Je rentre dès que je peux mais ne m’attends pas. Je t’embrasse, je t’aime ma chérie. A tout à l’heure. »
« Oui… oui moi aussi je t’embrasse. »

Elle éclate en sanglots et regarde maintenant l’étendue du désastre dans le miroir, seule.

vendredi 20 novembre 2009

Le plus beau jour de sa vie ?

Elle ne voulait pas se marier mais elle s’est laissée convaincre par son futur époux, ses copines, sa famille et puis bien sûr sa belle-famille.
Elle ne voulait pas de "meringue" en guise de robe mais évidemment, elle s’est aussi laissée attendrir par le doux regard de sa maman, de sa belle-maman et de sa meilleure amie lors des essayages.
Elle ne voulait pas de « grand mariage » avec des tonnes d’invités dont elle ne connaît même pas l’existence. Forcément, les mamans ont voulu invité leurs amis, puis les amis de leurs amis, les anciens voisins qui l’ont vu en couche-culotte.
Elle ne voulait pas dresser le plan de table de 150 personnes. Elle s'est fait aider par les mamans car ce n'est pas évident de placer des inconnus.
Elle ne voulait pas devoir choisir les fleurs, le traiteur et compagnie...
Mais elle se doutait que ce mariage allait lui sortir par les trous de nez. Son futur mari, lui, ne dit rien, il est tellement heureux de pouvoir lui offrir un « beau mariage » comme il dit. Elle ne lui en veut pas évidemment, c’est l’homme qu’elle aime et puis, c’est elle qui a dit oui à tout cela. Il ne faut s’en prendre qu’à elle-même. Sauf que là, le mariage est dans une heure et là voilà, seule face à son miroir.

« Mais qu’est-ce que je fais là ? » se dit-elle. Elle se regarde "déguisée en meringue", robe froufroutante à souhait, maquillage rosé et chignon à l’ancienne. Le voile n’est pas encore posé. Elle a envie de pleurer. Elle repense à ce temps où elle ne cédait pas à l’image du « mariage classique ». Elle est prête à épouser l’homme qu’elle aime mais pas comme ça. Sa meilleure amie rentre à ce moment-là.
« Tu es magnifique » lui dit-elle émue.
« Merci… » mais elle fond en larmes.
Son amie la connaît bien, elle sait pourquoi elle pleure à cet instant.
« Ca va aller, ne t’inquiètes pas. Pense à l’homme que tu vas épouser, occulte tout le reste. »
« Ce n’est pas si facile. »
« Je sais que ce n'est pas ce dont tu rêvais mais tu as laissé faire alors maintenant, assume ! Va falloir y aller. » lui dit son amie tendrement.
« Oui, je sais. Tu as raison. »
« Une mariée ne pleure pas le jour de son mariage ! » plaisante son amie.
« Oh arrête » répond elle en riant.
« Tu es prête ? »
« Oui, une petite retouche maquillage et ce sera ok. »

La journée s’est déroulée comme son mari et beaucoup d'autres personnes le souhaitaient. Elle a mis de côté ses pensées négatives et finalement, a passé une belle journée avec ses proches, uniquement ses proches. Elle n’a pas fait l’effort de discuter avec les gens qu’elle ne cotoie pas habituellement.


Elle regarde maintenant son alliance et se dit : « Me voilà mariée, il paraît qu’une nouvelle vie commence… »

samedi 14 novembre 2009

Pique-assiettes

Rendez-vous pris en ce début d’après-midi, quatre copines débarquent à une réunion tupperware, version buffet pour découvrir les magnifiques mets faits avec amour par les organisatrices et les ustensiles de la mort-qui-tue. Elles arrivent en retard bien sûr, "les people" se font toujours attendre… Elles découvrent les plats salés, sucrés. Les organisatrices ont rivalisé d’audace et de présentation pour avoir le stand le plus attirant, ça sent la compét par ici. Les groupes de couleur sont déjà faits, les copines s’en fichent, elles ne sont pas là pour suivre le programme à la lettre. Elles se fondent dans le décor tant bien que mal, car bien sûr il en va de tous les commentaires possibles. « Mais c’est quoi ce truc ? », « C’est moche », « On dirait qu’elles ont préparé ça depuis huit jours », « T’as vu, les nanas, elles sont à fond », « Waouh t’as vu le prix du truc qui mixe là ? Ils sont malades », « Oh des moules ! J’ai payé 4 euros mon moule à madeleines chez Carrouf !!! ah ah ah »…
« Approchez, nous allons faire une crème anglaise ». En bonnes élèves, elles s’approchent pour regarder. C’est l’heure de la dégustation de la fameuse crème.
« Allez mesdames, goûtez. »
« Euh non merci, je ne suis pas fan de béchamel ».
Une copine se dévoue « C’est pas terrible, je préfère celle que j’achète »,
une autre « Ah mais ce n’est pas bon ».
Gardons le sourire, essayons de se mêler à la foule.
« Oh, voilà la mariée ! » Une soixantenaire bien tassée vêtue d’un immense napperon breton, maquillée à outrance est là.
Soyons sérieuses une minute.
« Quand pouvons-nous goûter à cette Tour Eiffel en macarons ? »
« Pas avant 16h30. »
« Il va y avoir un souci là, car il faut aller chercher les enfants à l’école et si on ne commence pas tout de suite, la nourriture va vous rester sur les bras ! »
« Oui, vous avez raison, vous pouvez déguster. »
Bah oui, les copines ne sont pas venues pour rien, elles sont venues pour goûter. Et hop, c’est parti. Une valeur sûre, le chocolat, « Humm c’est bon ». Là, tout de suite, elles retrouvent leur semblant de savoir vivre et félicite tout de même l’organisatrice qui les a invitées.
« T’as pas un sachet pour que j’emporte à manger ? »,
« Regarde, les meringues, ce sera pour mes enfants » dit l’une d’elles et hop, dans une serviette en papier.
« Bon les filles, c’est l’heure, on y va là ».

Oui, allez tchao la compagnie, à l’année prochaine !!!! Non c’est pas la peine de nous appeler pour participer aux ateliers, merci !

jeudi 12 novembre 2009

Rendez-vous secret

Ils se retrouvent directement à l’hôtel cette fois-ci, la même chambre que la première fois. Il est arrivé avant elle. Elle monte l’escalier le cœur battant, la bouche sèche, impatiente et fautive à la fois. Elle frappe à la porte, il vient tout de suite lui ouvrir. Ils ne se disent rien, ils se regardent. Il la trouve magnifique chaussée de ses talons hauts, vêtue de sa robe noire. Elle le déshabille du regard, le trouve si désirable dans son costume sombre. A peine refermé la porte, leurs lèvres se trouvent immédiatement. Un baiser langoureux, intense, qui montre toute la passion qui les anime. Les mains de l’homme ont glissé directement sur ses fesses, elle se colle à lui, sent son entrejambe et son sexe déjà durci. Elle l’entoure de ses bras, enfonce ses ongles sur ses omoplates. Il l’entraîne vers le lit tout en l’embrassant fougueusement. Ses lèvres embrassent son visage, ses lobes, reviennent vers sa bouche.
« Tu m’as tellement manqué » lui susurre-t-il.
Il l’allonge sur le lit, ses mains parcourent ses seins, son ventre, et remontent de ses mollets à l’entrée de ses cuisses. Il retrousse sa robe et découvre les bas noirs qu’elle porte pour lui et son joli string à dentelle noire.
« Tu es belle... »
Elle lui sourit. Il s’agenouille à côté du lit et la regarde. Ses lèvres baisent maintenant ses mollets, ses genoux, ses cuisses puis son sexe à travers l’étoffe si légère. Elle frémit de le sentir ainsi entre ses jambes. Il lui enlève délicatement son string et embrasse maintenant son intimité. Il sait la caresser, c’est instinctif. Elle ne tarde pas à gémir, à sentir la chaleur qui anime son corps qui se libère par des soubresauts de plaisir. A moitié nue, elle se redresse et l’embrasse à pleine bouche. Elle lui défait sa chemise tout en caressant son torse velu, descend à la boutonnière de son pantalon et fait glisser le tissu délicatement. Elle caresse son sexe bandé à travers son boxer puis le goûte. Sa langue le parcoure délicatement puis sa bouche vient l’enserrer. Elle le regarde dans les yeux pendant que son sexe est maintenant entièrement en elle, jeux de langue, caresses… Debout, il profite de son savoir faire. Il lui caresse les cheveux pendant qu’il gémit doucement. Elle ne tarde pas à se délecter de tout son être quand l’apogée du plaisir le traverse.
Rassasiés pour un instant, allongés sur le lit, ils commencent à parler de tout, de rien mais surtout du fait qu’ils sont bien ensembles à partager ces moments précieux, où rien ne semble exister à part le plaisir à partager.
Ils ne peuvent s’empêcher de se caresser, de se toucher. L’attirance est trop forte, il l’amène à elle, le désir ne les a pas quitté. Ils savent qu’ils ont toute l’après-midi pour vivre intensément ces moments d’extase sexuelle, tout simplement.

vendredi 6 novembre 2009

Le monsieur du supermarché

Il arpente les rayons du supermarché avec son caddie. Il est en retraite depuis plusieurs années mais il est toujours vêtu de son costume bleu marine, sa chemise blanche et de sa cravate bleue. Les hôtesses de caisse le connaissent bien, il vient tous les jours et a ses petites habitudes. Il repère les femmes seules et inspecte minutieusement leurs achats. Il est capable au vu du caddie de dire combien de personnes vivent dans un foyer. Il ne cherche même pas à les aborder, le simple plaisir de voir tant de femmes lui plait tout simplement. Il aime l’ambiance des supermarchés : il est habitué aux gens polis, aux râleurs, aux pressés et aux gens qui prennent leur temps, tout comme lui. Il aime plaisanter avec ses deux hôtesses de caisse préférées, il n’en change jamais. Quand ces deux femmes ne sont pas là, il demande poliment à leurs collègues le moment où elles reprennent le travail, et il patiente dans les rayons tranquillement jusqu’à leur arrivée. Il a toujours un mot gentil pour elles, elles l’apprécient aussi. Ca leur change des gens impolis, nettement plus fréquents depuis quelques années. Il leur dit que le jour où elles ne le verront plus au supermarché, il lui sera arrivé quelque chose mais « je ne sais pas quand » plaisante-t-il.
Un jour, on ne l’a plus vu dans « son » supermarché, ses hôtesses de caisse favorites s’en sont rendues compte très vite. Elles ne savent comment prendre de ses nouvelles mais une chose est sûre, c’est qu’elles continuent de parler de lui et croient parfois l’apercevoir, mais sans succès. Il faisait partie de leurs vies depuis toutes ces années, sans en faire partie intégrante. C’est un sentiment étrange que de s’habituer à côtoyer une personne que l’on croit connaître sans vraiment l’avoir découverte.

En tous les cas, elles sont heureuses de le faire vivre encore aujourd'hui par leurs tendres pensées.

mardi 3 novembre 2009

Facebook

Mélia s'est inscrite sur Facebook.
Son amie Lutecewoman lui a vanté les mérites de Facebook, puis lui a dit "c'est rigolo". Faut dire que Mélia aime bien rire, que ce soit avec Lutecewoman au café, en mangeant une crêpe, en buvant du cognac,... Toutes les occasions sont bonnes pour s'esclaffer et faut avouer que Lutecewoman et Mélia ont un bon degrè d'autodérision aussi. Ca aide !
Alors hier soir, Mélia s'est inscrite sur ce puissant révélateur d'amis ! Elle ne maîtrise pas grand chose pour l'instant car "la technique" et elle, ça fait deux. Elle va alors prendre le temps de maîtriser la bête parce que Mélia est aussi un peu curieuse... Ceci dit, connaissant Mélia, cela peut s'étirer sur plusieurs jours car Mélia a aussi une vraie vie.
Mélia réajuste sa blondeur et hop, c'est parti pour "l'aventure Facebook"...

samedi 31 octobre 2009

Petite maline

23 ans, elle a eu le droit à son licenciement économique aussi. C’est dans l’air du temps alors voilà, son poste d’assistante commerciale a été supprimé. Elle était heureuse depuis deux ans, son premier poste. Elle se voyait évoluer dans l’entreprise, enfin c’est ce qu’on lui avait dit mais la crise est passée par là. Elle réfléchit à ce qu’elle voudrait, pourrait faire… Elle veut de l’argent, comme tout le monde, mais en faisant le minimum.
Aucune offre à l’horizon, elle est jeune, jolie, dynamique et ne veut pas rester à son appartement à ne rien faire. Elle discute avec ses amies et peu à peu, elle entrevoit une solution : « se maquer avec un mec plein de tunes ». C’est parti d’un délire un soir où elle avait un peu bu mais finalement, elle se dit que ce n’est pas si bête que cela. Elle étudie maintenant les différentes soirées qui se profilent à la rencontre de mecs friqués. Elle a essayé les vernissages mais pour l’instant, nada « cercle trop fermé ». Elle tente depuis peu le casino mais quand elle voit les pauvres accros aux machines et au poker, elle se dit que finalement ce n’est pas un bon plan. Ils risquent de dilapider leur argent…
Une amie l’appelle un matin. Elle a réussi à se faire inviter à une soirée très sélect d’une entreprise multinationale. Elle peut y aller avec quelqu’un alors elle a pensé à elle. La voilà vêtue de sa jolie robe noire près du corps, joliment maquillée, sourire dévoilant des dents blanches impeccables, elle arrive dans le restaurant quatre étoiles avec son amie à son bras. Son amie lui décrit rapidement les hommes à aborder, les célibataires qui n’ont pas le temps d’avoir une vie sentimentale équilibrée du fait d’un job trop prenant. Elle craque direct sur un directeur de filiale, la trentaine, costard impeccable, beau mec, tout à fait à son goût. Elle l’aborde.
« Bonsoir.»
« Bonsoir. Nous ne nous sommes jamais rencontrés, je crois.»
« Non, effectivement mais je sens que nous allons bien nous entendre.»
Le type la regarde d’un air interrogateur, mais le sourire apparaît rapidement.
Il l’invite à prendre une coupe de champagne. Elle le précède de sa démarche chaloupée. Ils s’assoient dans un canapé et entament la discussion. Je les vois, elle minaude, rit à chaque fois que c’est possible. Lui, ne la quitte déjà plus des yeux.
Le dîner est servi. Il l’invite à sa table. Avant toute chose, elle se précipite aux toilettes pour réajuster son maquillage et son décolleté qu’elle met plus en valeur.
Il se lève à son arrivée et la présente aux autres invités. Il semble la trouver culottée d’avoir réussi à intégrer ce dîner mais ça l’amuse beaucoup. Les plats se suivent, elle se met aux petits soins pour lui et n’hésite plus à le complimenter sur sa beauté et son job. Il entre dans son jeu, il commence à lui effleurer le bras. Elle aime ce contact sur sa peau.
Ils sont partis ensemble ce soir là. Elle a préféré l’harponner tout de suite et lui montrer ce dont elle était capable au lit. Il n’avait jamais passé une nuit aussi torride, sensuelle. Il est conquis.
Les jours qui ont suivi, il l’a appelé, l’a couvert de fleurs. Elle se rend disponible dès qu’il est là et continue à le subjuguer. La demande en mariage n’a pas tardé non plus… Elle a accepté bien sûr.
Cinq années ont passé, elle n’a jamais retravaillé et veille à ses moindres désirs. En contre partie, elle a gagné un statut et profite amplement de son argent.

Comme quoi se dit-elle, l’important est d’avoir un objectif et de s’y tenir.